10
nov
2016

En pleine tournée avec la pièce « Élément Terre » (voir rubrique Agenda), Claude Marion est en scène depuis quelques semaines déjà. Une belle occasion pour mettre à notre tour un coup de projecteur sur ce projet qui a littéralement donné naissance à la coopérative de Terre-en-vue.

Une belle première histoire

Claude Marion a repris la ferme familiale à Wavreille (commune de Rochefort) en 1988, et c’est en 1999 que l’éleveur de vaches blondes d’Aquitaine a le déclic : sa réflexion est aboutie, il veut passer en agriculture bio. Depuis lors, Claudy et son épouse Kathia, travaillent au mieux pour tendre vers toujours plus d’autonomie pour leur bétail (fourrage, pâturage,…), et assurent ainsi la qualité de leurs colis de viande bio vendus en circuit court.

En 2010, le propriétaire d’un terrain exploité par Claudy demande à le récupérer… au moment où l’agriculteur cherche à étendre la surface de terres exploitées, pour pouvoir ainsi augmenter son cheptel. Une situation critique qui ne laisse pas indifférent le propriétaire des terres en question, Jean Vander Elst, par ailleurs membre du groupement d’achat « Colibri-Famennes » (client de la ferme) : celui-ci contacte les autres membres du groupement, leur proposant de collecter les fonds pour acheter ensemble un terrain pour la ferme Marion. Résultat inattendu : les réponses positives fusent et déjà, 40.000€ sont promis pour cet achat. Ils ne le savent pas encore, mais ils vont devenir les tout premiers coopérateurs de Terre-en-vue.

La coopérative voit en effet le jour dans ce contexte, encadrant ainsi la récolte d’épargne via sa structure. Et le 25 avril 2012, les 7,5 premiers hectares de la toute jeune histoire de Terre-en-vue sont officiellement acquis pour la ferme de Wavreille. En 2013, une nouvelle parcelle de presque 3 ha a été acquise grâce au dynamisme du groupe local, formé avec et autour de la ferme.

Fin 2015, ils sont 53 coopérateurs à avoir atteint le prix d’acquisition de ces 10 hectares, soit 73.687,07 €. Aujourd’hui, l’objectif fixé est même dépassé, puisque le montant total réuni est de 74.100€. Cela mérite bien des félicitations publiques : bravo à eux !

Impacts du projet
Cette mobilisation citoyenne autour de la ferme a beaucoup encouragé les fermiers, qui se sont vraiment sentis soutenus et ainsi, encouragés dans leur activité. Elle leur a permis de sécuriser leur accès à la terre et de développer leur projet. Ainsi, Kathia vient de terminer une formation de trois ans avec succès afin d’ouvrir un atelier de découpe de viande et une boucherie a la ferme, ce qui leur permettra d’augmenter la vente directe de produits transformés. De son côté, Claudy a pu construire une nouvelle étable pour mieux accueillir le cheptel.

Perspectives
Le groupe local de coopérateurs continue de s’impliquer pour soutenir la ferme. En 2016, plusieurs marchés fermiers ont été organisés pour permettre à Claudy de mieux écouler ses produits. Différentes questions sont discutées avec le groupe concernant l’utilisation des terres avec notamment le projet de planter des arbres ou de retailler des haies. Claudy est par ailleurs très impliqué dans la commission "projets agro-écologiques" (voir autre article de cette newsletter), toujours avec sa petite touche d’humour déjà bien connue au sein du mouvement Terre-en-vue.

Vous souhaitez découvrir la ferme ? Soyez les bienvenus lors du prochain marché fermier qui s’y tiendra le samedi 19 novembre. Lors de cette fête, vous pourrez goûter les produits de Claudy, mais également d’autres produits d’agriculteurs voisins.

Et pour avoir les images autour de cette histoire, suivez ce lien pour voir le portrait de Claudy dans l’émission "Alors, on change !" : https://www.rtbf.be/auvio/detail_alors-on-change?id=2145291