1er fév

Communiqué de presse : Terre-en-vue rejoint la mobilisation en cours du secteur agricole


Communiqué de presse - lundi 29.01.2024
Contacts presse : Françoise Ansay 0487 24 60 91 & David Dupuis 0491 39 85 86

Préservons nos terres agricoles pour notre agriculture !
Les coopérateurs de TEV, citoyens et agriculteurs, somment la Région wallonne d’agir

Le prix de vente moyen d’un hectare de terre agricole en Wallonie a fait un bon de +33,7 % depuis 20171 (6 % l’an !) pour atteindre en 2022, 36.368euros/ha, tous types de superficies confondues.

D’un point de vue strictement économique, la terre agricole est devenu un objet de placement de plus en plus rentable, qui attire naturellement de nombreux investisseurs, sur un marché déjà hautement compétitif (usages et fonctions concurrentiels, compétition entre agriculteurs, …)

Ce faisant, la valeur des terres agricoles est totalement déconnectée des produits agricoles issus de ces terres et donc des revenus des agriculteurs, une évolution rendue possible du fait de l’absence totale de régulation du marché des ventes de terres.

Cette déconnexion limite l’accès à la terre, d’autant plus pour les jeunes et les petites fermes. Elle exacerbe également la compétition entre les exploitants et entre les modèles d’agriculture. Elle ne permet plus le renouvellement des générations d’agriculteurs (67 % des agriculteurs wallons ont plus de 50 ans et 80 % d’entre eux déclarent ne pas avoir de repreneur).

Dans ce contexte, il n’est pas possible de demander aux producteurs d’être plus vertueux dans leurs pratiques si l’accès à la terre est rendu impayable, d’autant plus si les revenus tirés de la vente des denrées agricoles restent aussi bas qu’ils le sont aujourd’hui. La logique économique actuelle pousse a contrario l’agriculteur à exiger le maximum des ressources foncières dont il dispose en intensifiant ses pratiques, de façon à maximiser son revenu.

En conséquence, il est impératif de préserver les terres agricoles et de les rendre accessibles aux agriculteurs désireux de s’engager dans les logiques d’une production nourricière et d’une gestion durable de la ressource.

Pour y parvenir, la terre agricole, premier outil de travail de l’agriculteur, ne peut plus être considérée comme le simple objet de spéculations financières mais bien comme un patrimoine commun servant à produire une alimentation de qualité accessible à tou.te.s.

Dès lors, réguler le marché foncier est un choix politique et de société nécessaire pour répondre aux enjeux de la durabilité économique et environnementale de la production agricole. Ce choix se pose à tous les échelons : un pas que nos politiciens peuvent faire au niveau communal, régional et national, sans attendre que l’Europe ne bouge.

Nous, Terre-en-vue  : citoyens concrètement engagés pour acquérir des terres agricoles et agriculteurs de ce fait soutenus dans notre accès à la terre, rejoignons le mouvement de protestation des agriculteurs de Wallonie pour sommer la Région wallonne et en particulier son Ministre de l’agriculture, M Willy Borsus, de prendre les mesures nécessaires pour :

1. Protéger les terres agricoles : garantir la préservation des terres agricoles en aménagement du territoire, renforcer leur vocation nourricière et leurs qualités environnementales

2. Réguler le marché acquisitif des terres agricoles, lutter contre la spéculation et la concentration foncière et garder les terres aux mains des agriculteur.rice.s

3. Construire une gouvernance agricole et alimentaire participative, reposant sur une vision, des objectifs et un organisme de gestion

4. Administrer les terres publiques de manière exemplaire en garantissant leur préservation, leur vocation de bien commun et leur mise à disposition à des projets d’agriculture durable et nourricière

Citoyens et agriculteurs, tous solidaires, nous vous invitons à rejoindre les manifestations en cours organisées par la FUGEA, en particulier :

  • ce mardi 30 janvier à Namur : RDV au rond-point Chaussée de Louvain 14 à 11h (derrière la gare). Pour une simplification administrative et un accès à la terre.
  • ce jeudi 1er février à Bruxelles : RDV à Bruxelles-Luxembourg. Contre les accords de libre-échange (MercoSur).

Soyons nombreux ! Soyons fermes !